Je me rends compte que je viens ici sur Substack pour me reposer : des mails, des appels téléphoniques assommants (dossiers de dégât des eaux, agence immobilière, banque, santé, etc.), des messages WhatsApp etc. Et surtout des autres RS.
C’est la curiosité qui m’a poussée à m’inscrire sur Facebook, puis, Instagram, Tik-Tok, LinkedIn (sans participer, en fait), Threads et même BlueSky, l’ennuyeux refuge des traumatisés de X. Petit à petit, j’ai laissé tomber. Pas dans le mode, comme je le lis souvent ici, «j’ai fermé mes comptes» (un équivalent de : je me suis fais interdire des casinos). Chemin faisant, je n’y suis plus allée, c’est tout.
Bien entendu, il en reste un, le plus féroce, Twitter/X, que j’ai fini par considérer comme une vielle addiction incontournable.
Sans idéaliser cette plateforme, puisqu’aucun fond, tous ces RS sont des pages blanches dont les utilisateurs font ce que ces RS deviennent, ici, l’absence de toute obligation de performance est un atout inestimable. Tant que ça dure…
Second atout exceptionnel : ici, on écrit et on parle d’écriture, de projets de livres, de livres en cours d’écriture. Ces états d’âme, ces blocages, ces remises en question quasi-existentielles : et si c’était nul? Et si ce n’était pas si mal? Et si mon appréciation à posteriori de ce que j’écris (en relisant) était fonction de mon humeur? Comment savoir? Il faudrait ce lecteur providentiel de référence qui dit stop ou encore, plus réalistement, qui réagit, voire modère. Au fond, on n’a besoin que d’un seul lecteur validant. Ensuite, les jeux sont faits. Les plus grands auteurs disent eux-mêmes qu’ils sont incapables de prédire quel livre va plaire au public. Alors, autant s’en tenir à ne pas chercher à plaire (et son corollaire : la craindre de déplaire).
Oui, je viens ici comme j’irais dans une résidence secondaire me reposer du tumulte numérique et me recentrer sur mon projet d’écriture quand le doute vient le parasiter jusqu’à ne plus écrire qu’avec ce sentiment qu’on aurait pu faire mieux, différent, que l’absence de discipline (écrire à des horaires fixes. Stephen King conseille de choisir un lieu un peu caché, porte fermée et sans vue sur la mer, la montagne) y est pour beaucoup. Pourquoi suis-je incapable de m’auto-discipliner? Je me souviens de la phrase d’un écrivain qui disait que pour écrire un livre, ce n’était pas tant du talent qu’il fallait avoir mais une bonne paire de fesses pour rester assis sur une chaise à son bureau!

Ton rapport à Substack me parle, moi aussi j'y sens un espace plus calme, moins frénétique que les autres RS, et ça fait tout simplement du bien.